Brittany Bruinooge 

Lors d’un exercice de changement de direction, la confiance varie plus que la vitesse d’exécution chez les patients ayant subi une reconstruction du LCA (15 min.)
Des données probantes indiquent que le fait de mesurer des résultats psychologiques, tels que la préparation et la confiance, peut améliorer la prise de décision concernant l’évaluation du retour au sport après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA). L’objectif de cette étude était d’évaluer les performances lors d’un exercice de changement de direction (CDD), parallèlement aux évaluations de la confiance des patients et des cliniciens. 46 patients ont effectué 505 exercices de changement de direction, incluant le simple saut monopodal, le triple saut monopodal et le triple saut monopodal croisé, six mois après une reconstruction unilatérale du ligament croisé antérieur. Les patients ont évalué le niveau de confiance qu’ils ressentaient dans chaque jambe après avoir effectué le CDD tandis que le clinicien évaluait sa propre perception du niveau confiance des patients. La vitesse d’exécution n’a pas varié d’une jambe à l’autre pour le CDD, malgré une réduction de la performance du membre affecté lors des exercices de simple saut monopodal, de triple saut monopodal et de triple saut monopodal croisé. Les patients et le clinicien ont noté une baisse du niveau de confiance lors des exercices effectués avec la jambe ayant subi la reconstruction du LCA, bien qu’il y ait eu une corrélation minimale ou nulle entre les évaluations du clinicien et celles du patient. La méthodologie actuelle utilisée lors des CDD pourrait ne pas refléter les déficits de performance sous-jacents car les participants adaptent leur vitesse de mouvement sur la distance chronométrée. Tenir compte du niveau de confiance des patients, de la stratégie de mouvement et de la méthodologie d’évaluation pourrait s’avérer une approche pertinente pour guider les décisions cliniques.


Nathan King 


L’application des connaissances issues de la recherche qualitative : la clé des soins axés sur le patient (30 min)
Les études qualitatives en physiothérapie orthopédique ne sont que rarement publiées et quand elles le sont, elles sont souvent reléguées au bas de la pyramide hiérarchique. Il n’est donc pas surprenant que les praticiens ignorent le bénéfice potentiel des études qualitatives, ou qu’ils les perçoivent mal, pour le développement des bonnes pratiques. Les données qualitatives peuvent révéler des histoires vécues aussi saisissantes que mémorables, du point de vue des patients et des cliniciens. L’application appropriée des connaissances issues de la recherche qualitative peut servir de complément aux résultats quantitatifs afin de mettre en pratique les données en appréciant les facteurs biopsychosociaux du point de vue du patient, menant ainsi à des soins plus complets, axés sur le patient. Cette séance dévoilera des paradigmes et des perspectives qui mettent en contraste la méthodologie et les données de la recherche qualitative et de la recherche quantitative, et décrira l’objectif et la complémentarité des données qualitatives et des données quantitatives. Enfin, des études de cas seront présentées, démontrant ainsi qu’il est faisable d’intégrer les données qualitatives et les données quantitatives.


Pierre Langevin 

Activité physique de type aérobique suite à une commotion cérébrale liée au sport : un examen systémique et une méta-analyse (15 min)
Introduction : Environ 25 % des personnes souffrant de commotions cérébrales liées au sport (CCLS) présentent des symptômes persistants. Les experts recommandent l’exercice aérobique qui n’augmente pas les symptômes comme option de réadaptation lors de la présence de symptômes persistants après une commotion cérébrale. Cependant, cette recommandation est basée sur un ensemble de connaissances limité. L’objectif de cet examen systématique est d’évaluer les effets de l’exercice aérobique qui n’augmentent pas les symptômes par rapport aux interventions de contrôle sur l’intensité des symptômes chez les personnes souffrant de CCLS.

Méthodes : Une analyse structurée a été menée en utilisant des bases de données. Des essais cliniques randomisés (ECR), incluant des programmes d’exercice aérobique comme intervention pour les personnes atteintes de CCLS. Après une sélection, la méthodologie GRADE et l’évaluation de risque de biais ont été appliquées aux études regroupées pour analyse quantitative. Des différences moyennes standardisées (DMS 95 % IC) ont été calculées. Une analyse descriptive a également été effectuée.

Résultats : Examen de 7 ECR regroupant 326 adolescents. Quatre ECR présentaient un faible risque de biais. Les programmes d’exercice aérobique qui n’augmentent pas les symptômes ont un effet bénéfique significatif sur la perception des symptômes (6 études, 277 participants, qualité des preuves faible, DMS groupée : -0,44; IC 95 % [-0,68, -0,19]). L’effet de l’exercice aérobique qui n’augmente pas les symptômes sur la perception des symptômes est également bénéfique lorsqu’il est introduit dans la phase aiguë suivant un CCLS.

Conclusion : Chez les adolescents qui ont subi un traumatisme craniocérébral en pratiquant un sport, l’activité physique de type aérobique qui n’augmentent pas les symptômes serait efficace pour atténuer les symptômes postcommotion.


Pierre Langevin 

Synthèse de données pour éclairer la prise en charge clinique des commotions cérébrales (30 min)
Environ 25 % des personnes souffrant de commotions cérébrales liées au sport (CCLS) présentent des symptômes persistants. Il est très important que les physiothérapeutes adoptent une pratique clinique, de manière optimale et efficace, basée sur les données probantes, en particulier pour les patients qui se rétablissent lentement à la suite d’une commotion cérébrale. Cette séance aidera les participants à se familiariser avec la gestion clinique interdisciplinaire des commotions cérébrales en utilisant des données récentes concernant l’évaluation et les interventions thérapeutiques. L’accent sera mis sur les déficiences physiques les plus courantes associées à cette population (déficiences cervicales, vestibulo-oculaires, autonomiques ou motrices). Les preuves de l’exactitude diagnostique des tests de diagnostic courants seront examinées. Par la suite, les principes de l’intervention thérapeutique seront examinés. Au cours de cette discussion, les participants seront en mesure d’apprécier les plus récents programmes d’intervention basés sur les données qui visent les patients qui tardent à se rétablir suite à une commotion cérébrale. Des exercices pratiques de réadaptation développés spécifiquement pour les cas complexes seront également présentés. Le contenu sera présenté sous la forme d’une conférence dynamique et interactive axée sur la classification clinique des cas de commotions cérébrales complexes et sur les données probantes concernant les options de traitement pour améliorer les symptômes et la fonctionnalité.


Dan Ogborn 

Une approche fondée sur des principes lors d’évaluations relatives à la reprise des activités sportives suite à une chirurgie orthopédique : performance versus prévisions (30 min)
Les cliniciens qui sont impliqués dans la prise de décision en matière de retour au jeu (RAJ) requièrent des protocoles d’évaluation qui donnent un aperçu de l’état de préparation de l’athlète et qui fournissent des informations pertinentes pour leur permettre de prendre des décisions de traitement éclairées. Même si les meilleures pratiques indiquent qu’une foule de tests doit être utilisée pour guider les décisions relatives au retour au jeu, il y a peu de consensus quant au choix de ces tests. De récents examens systématiques révèlent une déficience au niveau de la capacité prédictive des protocoles existants. En effet, les mesures de l’incapacité physique prennent une place prédominante dans les études, au détriment d’autres mesures qui pourraient mieux refléter l’état du patient. L’élargissement des méthodes d’évaluation pour prendre en compte les évaluations psychologiques, de même que l’utilisation de l’évaluation du retour au jeu après une blessure au LCA, et des méthodes de quantification alternatives pour les tests physiques, pourraient améliorer l’utilité clinique de l’évaluation de RAJ. Les participants à la séance obtiendront un aperçu des récentes conclusions qui contredisent les méthodes d’évaluation de RAJ et, après la séance, ils pourront: 1) décrire les limites des méthodologies d’évaluation et les normes qui définissent une évaluation de RAJ réussie, 2) identifier les mesures de préparation et la façon dont les résultats psychologiques peuvent améliorer la prise de décision et 3) expliquer les mesures qui vont au-delà de l’indice de symétrie des membres et qui représentent le niveau de performance d’un athlète et son aptitude à reprendre le sport.


Dan Ogborn

Les déficits de force musculaire excentrique du fléchisseur du genou persistants suite à la reconstruction du ligament croisé antérieur effectués avec tendons ischio-jambiers (15 min)
La documentation scientifique révèle une importante incohérence au niveau des déficits de force musculaire persistants du fléchisseur du genou suite à la reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) effectués avec des tendons ischio-jambiers. L’objectif de cette étude était de comparer la force musculaire excentrique du fléchisseur du genou à l’aide du dynamomètre NordBord à la force isocinétique concentrique, qui est utilisé plus couramment. Les participants (n=35, 46 ± 11 ans, 174,0 ± 8,2 cm, 81,5 ± 14,2 kg) avaient tous subi une reconstruction unilatérale du LCA avec des greffes des muscles demi-tendineux et gracile au moins huit ans avant l’étude. Les participants ont effectué cinq répétitions de flexion isocinétique concentrique du genou en position assise et couchée, suivies de trois répétitions de l’exercice ischio-jambier « nordique ». Le pic de couple par rapport au poids du corps a été comparé par position et par appareil. La flexion isocinétique du genou était inférieure en décubitus dorsal sans interaction membre/position. Le couple excentrique du membre affecté était inférieur (1,10 Nm/Kg contre 1,28 Nm/kg, p<0,05) et la symétrie était réduite par rapport à l’isocinétique en position assise mais pas en décubitus dorsal. Il y avait une faible corrélation entre les indices de symétrie du membre concentrique en décubitus dorsal et excentrique de NordBord (r=0,399, p=0,017), avec une large limite de concordance (LDC) (différence moyenne : 7,9 ; LDC 95 % : [-22,05 , 37,86]). Les déficits de la force excentrique sont persistants et plus importants que les mesures concentriques. Il n’est pas possible de présumer la symétrie des membres en fonction des différentes méthodes d’évaluation d’un groupe musculaire.


Jackie Sadi


Classification, évaluation et prise en charge de l’instabilité postérieure de l’épaule : une étude internationale suivant la méthode de Delphes (30 min)
OBJECTIF : Parvenir à un consensus parmi les experts internationaux de l’épaule quant aux stratégies d’évaluation et de prise en charge les plus appropriées pour l’instabilité postérieure de l’épaule (IPE).

CONCEPTION : méthode de Delphes.

MÉTHODES: Au cours de la première phase de l’étude, nous avons examiné les études publiées, déterminé les éléments à analyser, créé l’enquête et identifié les experts cliniciens.
Au cours de la deuxième phase de l’étude, les experts cliniciens spécialistes de l’épaule (physiothérapeutes, chirurgiens orthopédiques, médecins sportifs et chercheurs) ont participé à une enquête en trois cycles suivant la méthode de Delphes. Nous avons exigé un minimum de consensus de 70 % par cycle. Des statistiques descriptives ont été utilisées pour présenter les caractéristiques des répondants, le taux de réponse des experts à chaque cycle, et le consensus pour la classification, l’évaluation et la gestion des IPE.

RÉSULTATS : Le troisième cycle a été complété par 47 personnes provenant de 5 pays différents. Le taux de réponse a varié entre 57/70 (81 %) et 47/50 (94 %) par tour. Les personnes interrogées se sont accordées sur 3 sous-groupes pour classifier l’IPE : traumatique (100 % d’accord), microtraumatique (98 % d’accord) et atraumatique (98 % d’accord).

CONCLUSION : Les experts internationaux de l’épaule ont convenu que la présentation clinique, la stratégie de prise en charge et les attentes en matière de résultats diffèrent pour les ISP traumatiques, microtraumatiques et atraumatiques. Leurs recommandations fournissent un cadre pour la prise en charge de ces sous-groupes, avec des considérations supplémentaires concernant le sport et le travail et les risques qui en découlent.


Paolo Sanzo

Les effets immédiats du Tai Chi sur la stabilité posturale, l’activité musculaire et les mesures de la proprioception de la cheville chez les jeunes adultes en bonne santé (15 min)
Le Tai Chi a souvent été utilisé dans la recherche chez les personnes âgées pour améliorer la stabilité posturale et la proprioception des membres inférieurs. Cependant, on sait peu de choses sur les effets que le Tai Chi peut avoir dans ces domaines chez les jeunes adultes en bonne santé. L’objectif de la présente étude était d’examiner ces effets potentiels. Au total, 30 jeunes adultes en bonne santé ont été répartis au hasard entre un groupe expérimental et un groupe témoin. Pour évaluer la stabilité posturale, les deux groupes ont effectué un exercice  de stabilité posturale pré-intervention dans des conditions d’ouverture/fermeture des yeux et de surface ferme/spongieuse. Des données liées à la vitesse d’oscillation moyenne du centre de pression et une ellipse de confiance à 95% ont été recueillies. Pour l’intervention, le groupe expérimental a été effectué des exercices de Tai Chi de 15 minutes, tandis que le groupe de contrôle était confortablement assis sur une chaise. Les mesures post-intervention ont ensuite été recueillies en utilisant le même protocole que les mesures pré-intervention.